Définir la conscience par la connaissance c’est s’attacher à ce qu’elle fait. Dire que la conscience est conscience d’exister c’est définir ce qu’elle est. Ce mode d’existence est radicalement différent de celui des objets.

Nous avons une telle habitude de saisir un objet par certaines de ses caractéristiques que nous voulons faire de même en ce qui concerne la conscience. Mais toute caractéristique est un sens donné par la conscience. La définition de la conscience indique surtout ce qu’elle n’est pas. L’attachement à tout concept,  même à celui qui définit la conscience, voile la conscience. Plus l’intérêt pour l’objet sera grand moins la conscience de soi sera manifeste. Plus je porte de l’intérêt à la table que je regarde moins la conscience de soi présente dans cette expérience sera manifeste. La conscience ne se distingue pas de l’objet par des caractéristiques objectives, elle n’en possède aucune. Il n’y a rien face à elle, car elle n’a pas de position, elle n’est en aucun lieu. Elle est atopique. La connaissance, en revanche, pose quelque chose face à elle ; elle doit donc se positionner. Elle ne peut habiter une position face à l’objet qu’en se dotant des caractéristiques propres aux objets. Cette chosification de la conscience qui s’opère dans la connaissance se fait  au moyen d’un du concept « Je ». Ce « Je » est le représentant de la conscience au niveau des choses.

Tout se passe comme si la conscience constituait l’Ego comme une fausse représentation d’elle même, comme si elle s’hypnotisait sur cet Ego qu’elle a constitué, s’y absorbait, comme si elle en faisait sa sauvegarde et sa loi. [7]