Charles Genoud texte sur la conscience

Il faut prier Dieu de nous libérer de Dieu. De cette manière sans appel maître Eckhart souligne la nécessité de se détacher de toute visée.

Une science dépourvue d’intention n’a pas de sens, c’est pourquoi les neurosciences ne saisissent jamais la conscience, elles n’en décèlent que les traces. Elles resteront comme ce chasseur qui n’a jamais vu que les traces de l’animal qu’il traque. Même si l’étude des traces peut être pleine d’enseignements. Ce fait est reconnu par la majorité des chercheurs en neuroscience. Pourquoi demander au cerveau ce qu’est la conscience et ne pas le demander à la conscience elle-même? Il faut oser s’engager dans le non langage de la conscience, se dépouiller de tout savoir; dans l’inconnaissance la conscience se révèle. Ceci est la voie du mystique et non du scientifique.

Comment la conscience de soi peut-elle se révéler dans la méditation?

Nous nous attacherons ici à décrire quelques situations particulières.

Conscience et perception.

Il n’existe aucune théorie de la perception complètement satisfaisante. Elles présentent toutes certaines difficultés. Dans la tradition bouddhique, il y a eu tout d’abord le système de l’abiddharma développé peu après la mort du Bouddha. Vers le milieu du premier millénaire, des maîtres bouddhistes, Dignaga et Dharmakirti notamment, développent une théorie plus élaborée de la connaissance et de la perception. Ils répondent aux attaques, souvent avisées, des penseurs indiens des autres religions. Ces deux traditions bouddhistes affirment qu’au stade initial la perception n’est pas conceptuelle, elle ne pose aucun objet. Après un temps très court, un concept lui est associé. Celui-ci ne saisit pas le phénomène dans sa singularité, mais dans ses caractéristiques générales aussi précises soient-elles. Il donne l’illusion de la durée, car le concept ne change pas d’instant en instant. Cette tasse reste cette tasse quelques soient les variations de son apparence, dues aux changements de lumière par exemple. Dans les fourrés je perçois une tache jaune, je m’approche, c’est une primevère. Pour la connaissance cela suffit. Je peux orienter ma perception sur la feuille, dès que je la connais comme ayant cette forme oblongue,  je connais la forme de la feuille. La différence entre perception et conceptualisation se comprend aisément à l’aide de l’exemple suivant : lorsque j’entre dans un café, je pense voir le café et pas uniquement une partie du café. Je peux me tourner de 45° puis de 180° j’ai toujours l’impression de voir le même café. Cependant ce que je vois réellement est totalement différent. Le concept donne le sentiment de permanence. Dans l’imaginaire et dans la perception (au deuxième instant) le concept est le même, ce qui les motive est différent. La perception est déterminée par les phénomènes extérieurs et les organes sensoriels ; l’imagination par des déterminations purement subjectives. Au premier instant de la perception, la conscience n’est pas duelle, elle est impersonnelle et intemporelle. Elle ne peut rien retenir ; elle n’est pas utilisable. S’il était possible de retenir et de refaire surgir la perception elle-même, alors le passé pourrait redevenir présent.

Pages: 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17

Nous contacter

février

28feb19 h 30 min- 21 h 15 minSoirée de méditation avec enseignement

mars

25mar - 26jour entierWeek-end de méditation et enseignement Ariya Baumann 25 et 26 mars

avril

8apr - 9apr 810 h 30 minapr 9Week-end de Présence du Geste avec Charles