Charles Genoud texte sur la conscience

La respiration qui est grossière au début de la pratique de la concentration devient graduellement plus subtile. Il se peut que le méditant atteigne un stade où elle disparaît totalement de la conscience. Il n’y a plus de respiration, à ce moment seule la nature essentiellement consciente de l’esprit demeure.[10]

Sentir la connaissance même et point d’objet, écrit Paul Valéry.

La différence entre concentration et vision pénétrante est fondamentale. Par la concentration, l’esprit se focalise sur un objet ; il se préoccupe des contenus, reste fixé sur quelque chose qu’il connaît. La concentration nécessite une saisie et ceci ne peut se faire qu’au moyen du concept. En sanscrit et en tibétain le mot saisir entre dans la formation du terme qui exprime la concentration (sanscrit ekagrata, tib. ting nge ’dzin). Dans la vision pénétrante, plus particulièrement dans le type qui veut réaliser la nature de la conscience, l’esprit repose (en) lui-même. La différence entre concentration et présence méditative n’est pas une question de différence d’objet, où l’on changerait un objet d’intérêt pour un autre. Dans la présence méditative, au sens où nous l’entendons ici, il n’y a pas d’objet. Il s’agit bien plus d’une différence d’attitude, d’intention. Il faut ultimement délaisser la connaissance et laisser la conscience se dévoiler quelque soit l’expérience : perception, émotion, pensée ou vécu corporel. La présence n’est jamais la présence de quelqu’un. Comme la conscience n’est pas un objet, son exploration nécessite une approche inhabituelle. La tendance à vouloir en faire un objet de connaissance est une difficulté récurrente. Il ne s’agit plus ici de connaître, mais d’être.

En aucun cas, ma conscience ne saurait être une chose, parce que sa façon d’être en soi est précisément un être pour soi. Exister pour elle c’est avoir conscience de son existence [11]

Comme l’exprimait déjà Shantarakshita au VIII siècle:

A l’inverse des choses tangibles, la conscience se présente comme immatériel et essentiellement conscience de soi.

Tout but, tout objectif est de l’ordre de l’imaginaire. Il est ce qui n’est pas présent. La conscience ne peut pas être l’objet d’une quête. Ce qui serait visé ne serait une conscience non présente, une non-conscience. Dès lors, tout désir, tout espoir de découvrir ce qu’est la conscience, n’est qu’une vaine illusion. Pour dévoiler l’être de la conscience, il s’agit de la dégager de toute intention, que cette intention vise la présence d’un vécu ou au contraire qu’elle veuille son absence. Elle doit simplement être libre de tout objectif. Nous pouvons explorer ceci dans divers types de vécus. C’est dans cette nécessité de dépasser l’intentionnalité que l’on quitte la science et la psychologie pour se rapprocher de la mystique ou plus simplement de la spiritualité.

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