Charles Genoud texte sur la conscience

Ici aussi nous pensons que, selon la distinction que nous avons faite entre conscience et connaissance, il vaudrait mieux dire que l’esprit est conscience de soi, de manière non duelle.

Et cette contemplation n’est pas duelle puisque c’est l’esprit qui se voit en lui-même, qui voit son essence vide et, en même temps, son dynamisme, sa créativité, sa clarté qui sont ses qualités, qui sont la nature de cet esprit vide. L’esprit se pose naturellement dans cette permanente observation vigilante, sans qu’il y ait maintien d’un processus conceptuel. Lama Gendun

Le maître Kyenste Rimpoche recommandait :

Comment découvrir la vraie nature de la conscience ? En laissant la conscience se regarder soi-même, la laissant reposer dans un état de simplicité et observer sa nature. L’esprit n’est pas une chose qu’on peut voir avec les eux ou saisir avec les mains. C’est l’esprit qui se regarde. Méditer veut dire laisser l’esprit dans un état de complète simplicité.

Il n’y a ici aucun effort pour diriger la conscience vers un support concret. Simplement laisser la conscience au repos et être conscient de l’esprit actuel, neuf et détaché.

Ce qui observé, l’état de conscience ouverte, et ce qui observe, la conscience elle-même ne sont pas deux choses différentes.

L’émotion est une manifestation assez mal connue de la conscience. William James prétendait, il n’y a pas si longtemps, que nous avons peur parce que nous fuyons. La psychanalyse, malgré ses découvertes incroyables, n’apporte que peu de lumière sur l’émotion elle-même. Par exemple, lorsqu’elle parle du désir, elle se préoccupe de son destin et non pas de ce qu’il est. Ainsi voit-elle principalement trois modes de résolution du désir : l’assouvissement, le refoulement et la sublimation. Ces trois modes restent assujetti au désir. La psychanalyse sait ce qu’il fait ou ce qu’on en fait mais pas ce qu’est le désir. Ainsi ne peut-elle envisager d’autre issue. Quand les mystiques ou les yogis parlent de détachement, elle ne peut comprendre que refoulement ou sublimation. Comme la méditation bouddhique, la psychanalyse a sa richesse et ses limites. La méditation ouvre une autre voie par la prise de conscience. Ici aussi il s’agit de différentier connaissance et conscience. La prise de conscience ne veut pas simplement dire savoir reconnaître et nommer l’émotion, mais en faire l’expérience de manière intime. Un texte très ancien de la tradition bouddhique exprime ceci de manière explicite : lorsqu’un moine a l’esprit troublé par le désir, il est conscient d’avoir l’esprit troublé par le désir. Rien d’autre n’est nécessaire pour demeurer libre. Mais cette prise de conscience n’est pas simplement connaissance elle est expérience intime, libre de la dualité sujet objet. Pour ceci il est nécessaire de se défaire de la tendance à chosifier l’émotion. On veut se débarrasser d’une émotion comme on expulse un corps étranger. On voudrait crier sa colère ou sa détresse pour s’en libérer. Pourquoi assouvir le désir et ainsi le faire cesser, si il était agréable.

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